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Le développement physique de l'enfant
Les fonctions aussi cérébrales que la pensée, l'intelligence, la créativité et l'apprentissage ne dépendent pas uniquement du cerveau, mais bien de tout le corps. Tout simplement parce que les sensations, les mouvements, les émotions, de même que les fonctions de coordination du cerveau sont influencées par le corps. La dissociation de l'activité intellectuelle de celle du corps est liée à la croyance qui veut que ce qui est du ressort du corps, telles les fonctions organiques et les sensations purement physiques, soient en quelque sorte « inférieures » ou moins importantes que les fonctions cérébrales. Les fonctions corporelles font tout de même partie du processus fondamental de la vie.
Nous n’apprenons pas qu’avec notre tête ! Nos sens renseignent le cerveau sur l'environnement, permettant une interprétation du monde. Les mouvements expriment le savoir et favorisent le fonctionnement cognitif, au fur et à mesure qu'ils gagnent en complexité. L'intelligence, trop souvent considérée en termes de capacités analytiques, exprimée par la mesure du Quotient Intellectuel (QI), dépend tout autant du corps que du cerveau.
Le mouvement, autant que les perceptions perçues par l'intermédiaire d'organes tels les yeux, les oreilles, le nez, la langue, la peau et les propriocepteurs, dès la prime enfance, jouent un rôle important dans la création de neurones qui sont à la base de connaissances dites « acquises ». Le corps en est donc l'outil privilégié, dans la mesure où ces sensations deviennent autant d'informations sur le monde et sur soi-même. Aussi abstraite qu'elle puisse apparaître, la pensée ne peut se manifester que grâce à lui : lorsque nous parlons, écrivons, jouons de la musique, utilisons des ordinateurs, c'est le corps qui parle, qui fixe la page, qui tient le crayon qui pianote l'instrument et qui active, en dernière analyse, le « câblage » neuronal.
Avec la vie moderne que nous menons aujourd'hui, il est plus difficile d'en tirer parti. Les enfants passent énormément de temps devant le téléviseur, les jeux vidéo, et, comme leurs parents, développent un style de vie qui ne favorise pas la pratique régulière d'exercice. De plus, nos rares mouvements physiques sont souvent faits dans un contexte compétitif ou compulsif, tant et si bien que nous risquons de nous blesser! Le lien entre la diminution de l'activité physique et l'augmentation du nombre d'enfants dits en « difficultés d'apprentissage » est évident. Les écoliers des classes de sports-études sont d'ailleurs très performants en termes académiques. Ajoutez à cela un quotidien éminemment stressant, dans une société infestée par la peur d'une violence amplifiée par les médias.
Le mouvement physique a un effet certain sur l'apprentissage et la santé. Cette affirmation vaut autant pour les hommes d'affaires qui doivent gérer leur stress et demeurer productifs que pour les personnes âgées qui veulent conserver mémoire et vitalité. C'est également vrai pour les enseignants et parents intéressés par la réussite des enfants qui souffrent particulièrement de « difficultés d'apprentissage », « déficit d'attention », « hyperactivité » ou caractérisés comme « caractériels ».
La découverte du mouvement faisant appel à l'équilibre, à la coordination et favorisant le développement et le bon fonctionnement du système nerveux permet de reprendre sa vie en main, d'augmenter ses capacités d'apprentissage et de créer sa réalité. Bref, de mener une existence plus belle et plus joyeuse !
Patricia Girard et Danièle Doucet, kinésiologues

