Le jeu : un terrain de rencontre
Enfants comme adultes, ont droit à l’accès de tous les espaces publics. Tous les enfants se ressemblent, tous les enfants sont différents. Ils ont tous le droit d'accéder aux aménagements ludiques. A nous, fabricants, designers, architectes… de partager nos connaissances, d’étudier les sites, d’exploiter les ressources de l’environnement et d’adapter les aménagements sans les aseptiser.
Le jeu est vital pour l’enfant, comme la nourriture. Inscrit dans les gènes, il est pratiqué spontanément par l’enfant dés son plus jeune âge. Il participe activement à l’épanouissement de l’enfant, à son équilibre psychologique. C’est une véritable thérapie au quotidien! Interdisez à un enfant vivant dans un pays en guerre de jouer à la guerre, c’est l’empêcher de grandir. Interdisez à un enfant de rejouer les évènements de la journée avec son nounours, c’est l’empêcher de comprendre et de s’intégrer dans son environnement …
Pour les enfants, atteints de troubles, le jeu participe aussi à briser les résistances. Il se détache de la rigidité d’un contexte d’apprentissage volontaire où le résultat est attendu. Lors du jeu, l’enfant est libre, suit son rythme, ses envies, ses intuitions pour finalement un jour, maîtriser de nouvelles compétences. Le jeu n’a donc rien d’un simple passe temps.
Le jeu réhabilité, encore faut-il poser la condition de l’égalité des chances pour tous. La différence est partout, dans la façon de vivre avec notre corps, de penser, dans nos comportements relationnels… Elle doit être perçue comme une source de richesses et devrait plus souvent prendre ses racines dans la compréhension, le dialogue et l’entre aide.
Le jeu est ici un merveilleux outil favorisant l’activité collective entre enfants, voire adultes, différents. Principalement basée sur la communication corporelle, le jeu ici est fédérateur. Il réunit les enfants quelles que soient leurs capacités. Si le site est adapté tant dans sa configuration physique que pédagogique, la diversité des jeux doit permettre aux enfants non valides de trouver leur terrain de prédilection pour lancer des défis à leurs copains valides. Pleinement investis dans l’activité, les enfants vont jusqu’à oublier momentanément leur différence.
<<... c'est bien de jouer comme les autres enfants >> Jérôme (10 ans) |